Ma dernière visite prévue, Lascaux 2, était terminée. Avant de quitter la Dordogne, je me suis toutefois arrêté à Montignac afin de m'approvisionner en produits locaux, toujours appréciés des autochtones de la banlieue parisienne. Bien m'en a pris : j'y ai rencontré un préhistorien!
Bruno Maureille, directeur du laboratoire PACEA du CNRS et de l'université de Bordeaux sortait de plusieurs rendez-vous consacrés à un site local dont il souhaite relancer les fouilles. Il se dirigeait vers un magasin du type de ce que je visais : rendant visite pour le déjeuner à une équipe de fouille, il souhaitait leur apporter un peu de foie gras, de magret et de boisson légèrement alcoolisée pour faire descendre. Sa longue fréquentation des lieux lui ayant donné une bonne connaissance des adresses utiles en pareil cas, je l'ai suivi. Et après nos approvisionnements respectifs, j'ai continué à le suivre, en voiture cette fois, jusqu'au village du Moustier.
Là, une équipe dirigée par Bradley Gravina était en pleine pause méridienne, à même le sol. Munis des provisions, nous avons rejoint la partie. La vie est dure pour les fouilleurs (en l'occurrence, j'ai vu déjà des conditions logistiques meilleurs pour de telles fouilles).
Le site fouillé l'a déjà été. Mais avant la Première Guerre mondiale, par Otto Hauser, puis par Denis Peyrony, qui y ont chacun trouvé des sépultures neandertaliennes. Le squelette dégagé par Hauser est parti à Berlin, où il a été en grande partie détruit par les bombardements de la Deuxième Guerre mondiale. Celui dégagé par Peyrony, un enfant, s'était perdu dans les réserves du Musée national de préhistoire, jusqu'à ce que Bruno Maureille le redécouvre et l'étudie, au milieu des années 1990.
Bref, ce site n'a jamais été fouillé avec des méthodes modernes. Il s'agit pour les préhistoriens de réviser les associations réalisées par Peyrony entre la faune et les "techno-complexes lithiques" (les modes de tailles et les types d'outils retrouvés) pour chacune des couches. Ils n'en sont qu'au tout début, mais ils auront de quoi faire, tant ils retrouvent d'outils (et de faune, dans certaines couches).
J'ai compris que le public serait accueilli sur place lors des prochaines journées nationales de l'archéologie. Si vous êtes dans le coin, allez-y.
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