Il y a en ce moment à Paris une très belle exposition consacrée à Lascaux. Le "clou" de cette exposition est constitué par cinq panneaux qui reproduisent à l'identique des fragments de la grotte. Fragments que l'espace Lascaux 2, à Montignac, ne présente pas.
Ces panneaux sont aussi présentés dans le centre d'interprétation du Thot, à Thonac, à quelques kilomètres de Lascaux. De la même façon, des éclairages changeants permettent de voir successivement les peintures et les gravures (qui dessinent parfois les mêmes figures, mais pas toujours). Un mode "lampes à gaz" restitue une lumière fluctuante, comme devait l'être celle que produisaient les lampes à graisse du Paléolithique. J'ai en outre eu la chance de bénéficier d'explications de la part d'une médiatrice fort compétente.
Elle m'a par exemple fait des commentaires sur la frise où cinq têtes de cerfs sont représentées à la file. Certains suggèrent que ce serait en fait le même cerf dans différentes positions, en train de traverser une rivière. L'exposition parisienne soutient d'ailleurs fortement cette hypothèse en présentant un petit film montrant un animal réaliser cela. C'est assez convaincant. Oui mais : les bois des animaux sont assez différents les uns des autres. L'hypothèse d'une troupe de jeunes cerfs, rassemblés au moment du rut pour aller affronter un mâle plus âgé, n'est pas absurde!
Une petite galerie associe restitutions de scènes de la vie préhistorique et video de reconstitutions des gestes (de la même série que celles du musée des Eyzies, et commentées elles aussi par la chaude voix de Jean-Michel Geneste, longtemps conservateur de la grotte). L'ensemble est axé sur les objets retrouvés dans la grotte de Lascaux : lampe à graisse, sagaies en ivoire, pointes en pierre. Une bonne approche de l'archéologie du site.
Il y a aussi au Thot un parc animalier. C'est sans doute une ballade agréable pour les familles, d'autant qu'on trouve aussi des espaces d'animation pour les jeunes, qui doivent fonctionner à plein pendant la saison touristique. Mais je me suis quand même interrogé sur la présence de chèvres et de daims (absents de nos régions au Paléolithique), et sur l'absence totale d'explications à propos des aurochs (disparus au XVIe siècle, et "reconstitués" au XXe siècle).
Les dernières nouvelles de Neandertal, et des hommes du passé en général. A la première personne.
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mercredi 17 juin 2015
Approcher Lascaux
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Pays/territoire :
24290 Thonac, France
mardi 16 juin 2015
Ah! Que la préhistoire est aride
Après le temps des grottes est venu pour moi celui des musées, centre d'interprétation et autre réplique. Il a démarré par un passage éclair au Pôle international de préhistoire, aux Eyzies-de-Tayac. Je n'ai pas compris l'intérêt de ce lieu pour le public.
Quelques éléments d'histoire de l'homme ; un comparatif Homo sapiens / Neandertal, avec des reconstitutions "dermoplastiques" par Elisabeth Daynes (dont le travail est décidément omniprésent dans la région) ; un petit film sur les évolutions climatiques aux Eyzies-de-Tayac depuis 450 000 ans. Rien qui n'ait aussi sa place au Musée national de préhistoire installé à quelques centaines de mètres.
Il semble qu'il y ait dans cet espace des expositions temporaires de petite taille. Une exposition de photographies était en cours de montage. Je n'ai pas réellement pu voir l'exposition sur "Lascaux 4" installée au niveau inférieur, celui-ci étant occupé par une rencontre de Pôle Emploi. Mais ce n'est pas grave, j'aurai l'occasion d'y revenir dans les prochaines semaines.
Il y a aussi un centre de documentation fort bien fourni. Mais à qui sert-il? Pas au touriste de passage en tous cas.
Ensuite, direction Musée national de préhistoire. Il a été entièrement refait il y a un peu plus de dix ans, et est installé dans un bâtiment moderne accolé à l'ancien château. Celui-ci abritait, depuis les années 1910, des collections d'objets et d'ossements retrouvés dans la région, à l'initiative de l'instituteur des Eyzies (et préhistorien) Denis Peyrony.
L'exposition a un souci pédagogique indéniable. On commence aux origines de l'homme, accueillis par les restes de Lucy, Australopithecus afarensis, à côté d'un mur qui présente la situation dans le temps de la plupart des espèces d'hominidés connus. Le pari des muséographes est sans doute d'accrocher l'intérêt du public sur un fossile archi connu. J'ai quand même été étonné de ne pas trouver quelque part le crâne de Toumaï.
On passe ensuite sur la piste de Laetoli, traces de pas laissés, là encore, par des Australopithecus afarensis (si, après ça, le visiteur n'est pas convaincu que ce sont nos ancêtres!). Et en remontant un large escalier en colimaçon, on rencontre les outils de Lokalalei, au Kenya, datés de 2,4 millions d'années, les fossiles de Dmanisi (les premiers européens connus), et un certain nombre de coupes stratigraphiques régionales, sans commentaires. Devant les outils de Lokalalei, je me suis dit que décidément, les archéologues compliquent la vie des responsables de musée : les plus anciens outils sont maintenant datés de 3,4 millions d'années. Il faudrait, en toute rigueur, modifier l'exposition. Mais jusqu'à quand?
Le musée nous conduit ensuite à travers le Paléolithique, avec une exposition en trois mouvement. Une immense vitrine, qui s'étend sur tout l'étage, tente de faire ressentir la longue chronologie, la succession des différentes faunes et des différentes cultures dans la région, en présentant quantité de pièces trouvées dans les fouilles. Une suite de vitrines plus petites présente d'une part les outils caractéristiques de ces différentes cultures, et quelques sites significatifs (notamment des sépultures d'enfants neandertaliens). Et une série de niches permettent de voir des video présentant des reconstitutions les gestes réalisés par ces hommes dans leurs activités quotidiennes.
Le second étage est moins fourni. Au sol, on marche sur des vitres recouvrant des moulages de sites. Et les vitrines sont plutôt consacrées à l'art mobilier. On termine, sur la terrasse, à côté d'une statue de Cro-Magnon, en regardant avec celle-ci le confluent de la Vézère et de la Beune. Et de cette position, on comprend bien pourquoi des hommes ont fréquenté ce site depuis plus De 400 000 ans : la vue sur la plaine devait permettre de vori arriver le gibier. Et, à peu près à mi-falaise, on est à l'abri des inondations.
En parcourant ce musée, qui présente des centaines de pierres taillées et d'ossements d'animaux, on saisit combien il est aride de faire de la préhistoire. Avant de nous raconter toutes les belles histoires qui nous font rêver et nous instruisent sur la vie de nos ancêtres, que d'heures passées à fouiller très précisément des mètres cubes de terre! Que d'heures passées à essayer de comprendre l'organisation d'un site, où le profane ne voir que des cailloux répandus, avec éventuellement des changements de couleur par endroits.
Car dans ces vitrines qui présentent autant d'outils, j'avoue avoir bien du mal à reconnaître la typologie de nombre d'entre eux. Pourquoi un "grattoir" est-il nommé ainsi? En quoi est-il "denticulé"? Le touriste de passage doit se sentir un peu perdu devant tant de technicité nécessaire.
Quelques éléments d'histoire de l'homme ; un comparatif Homo sapiens / Neandertal, avec des reconstitutions "dermoplastiques" par Elisabeth Daynes (dont le travail est décidément omniprésent dans la région) ; un petit film sur les évolutions climatiques aux Eyzies-de-Tayac depuis 450 000 ans. Rien qui n'ait aussi sa place au Musée national de préhistoire installé à quelques centaines de mètres.
Il semble qu'il y ait dans cet espace des expositions temporaires de petite taille. Une exposition de photographies était en cours de montage. Je n'ai pas réellement pu voir l'exposition sur "Lascaux 4" installée au niveau inférieur, celui-ci étant occupé par une rencontre de Pôle Emploi. Mais ce n'est pas grave, j'aurai l'occasion d'y revenir dans les prochaines semaines.
Il y a aussi un centre de documentation fort bien fourni. Mais à qui sert-il? Pas au touriste de passage en tous cas.
Ensuite, direction Musée national de préhistoire. Il a été entièrement refait il y a un peu plus de dix ans, et est installé dans un bâtiment moderne accolé à l'ancien château. Celui-ci abritait, depuis les années 1910, des collections d'objets et d'ossements retrouvés dans la région, à l'initiative de l'instituteur des Eyzies (et préhistorien) Denis Peyrony.
L'exposition a un souci pédagogique indéniable. On commence aux origines de l'homme, accueillis par les restes de Lucy, Australopithecus afarensis, à côté d'un mur qui présente la situation dans le temps de la plupart des espèces d'hominidés connus. Le pari des muséographes est sans doute d'accrocher l'intérêt du public sur un fossile archi connu. J'ai quand même été étonné de ne pas trouver quelque part le crâne de Toumaï.
On passe ensuite sur la piste de Laetoli, traces de pas laissés, là encore, par des Australopithecus afarensis (si, après ça, le visiteur n'est pas convaincu que ce sont nos ancêtres!). Et en remontant un large escalier en colimaçon, on rencontre les outils de Lokalalei, au Kenya, datés de 2,4 millions d'années, les fossiles de Dmanisi (les premiers européens connus), et un certain nombre de coupes stratigraphiques régionales, sans commentaires. Devant les outils de Lokalalei, je me suis dit que décidément, les archéologues compliquent la vie des responsables de musée : les plus anciens outils sont maintenant datés de 3,4 millions d'années. Il faudrait, en toute rigueur, modifier l'exposition. Mais jusqu'à quand?
Le musée nous conduit ensuite à travers le Paléolithique, avec une exposition en trois mouvement. Une immense vitrine, qui s'étend sur tout l'étage, tente de faire ressentir la longue chronologie, la succession des différentes faunes et des différentes cultures dans la région, en présentant quantité de pièces trouvées dans les fouilles. Une suite de vitrines plus petites présente d'une part les outils caractéristiques de ces différentes cultures, et quelques sites significatifs (notamment des sépultures d'enfants neandertaliens). Et une série de niches permettent de voir des video présentant des reconstitutions les gestes réalisés par ces hommes dans leurs activités quotidiennes.
Le second étage est moins fourni. Au sol, on marche sur des vitres recouvrant des moulages de sites. Et les vitrines sont plutôt consacrées à l'art mobilier. On termine, sur la terrasse, à côté d'une statue de Cro-Magnon, en regardant avec celle-ci le confluent de la Vézère et de la Beune. Et de cette position, on comprend bien pourquoi des hommes ont fréquenté ce site depuis plus De 400 000 ans : la vue sur la plaine devait permettre de vori arriver le gibier. Et, à peu près à mi-falaise, on est à l'abri des inondations.
En parcourant ce musée, qui présente des centaines de pierres taillées et d'ossements d'animaux, on saisit combien il est aride de faire de la préhistoire. Avant de nous raconter toutes les belles histoires qui nous font rêver et nous instruisent sur la vie de nos ancêtres, que d'heures passées à fouiller très précisément des mètres cubes de terre! Que d'heures passées à essayer de comprendre l'organisation d'un site, où le profane ne voir que des cailloux répandus, avec éventuellement des changements de couleur par endroits.
Car dans ces vitrines qui présentent autant d'outils, j'avoue avoir bien du mal à reconnaître la typologie de nombre d'entre eux. Pourquoi un "grattoir" est-il nommé ainsi? En quoi est-il "denticulé"? Le touriste de passage doit se sentir un peu perdu devant tant de technicité nécessaire.
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Les Eyzies, 24620 Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil, France
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